Portraits de vignerons : vécus de la terre
Sur le chemin sinueux de la route de Barjols, la famille Giroud cultive trois hectares d’un seul tenant depuis trois générations. L’aîné, Lucien, se souvient :
« Ici, on a l’impression que la terre travaille pour nous quand le printemps est sec. Les pieds gardent une vigueur impressionnante, on voit les feuilles rester tendues, le fruit mûrit sans se dessécher. On récolte moins, mais la qualité, ça se goûte dès la cuve. »
Chez les Giroud, la vinification respecte le fruit sans intervention excessive. Le vin, riche, laisse percevoir des tanins présents mais soyeux, une bouche allongée portée par une étrange sensation de pierre mouillée. Cette note, Lucien l’appelle la “marque du calcaire”, fidèle d’année en année.
Quelques kilomètres plus loin, le domaine Dumas privilégie les élevages longs, pariant sur le potentiel de garde de leurs rouges issus de ces mêmes terroirs. Pour Claire Dumas, l’attrait du sol réside dans “la capacité à faire parler chaque millésime sans perdre en définition, avec des vins qui ont le nerf pour durer et évoluer harmonieusement”.