Les secrets du sol : une biodiversité méconnue
Le sol de Correns, nourri par les alluvions de l’Argens et creusé par les vents, compose une mosaïque de marnes, de calcaires, de galets roulés et de poches d’argile. Ici, le terroir n’est pas uniforme : il faut se pencher pour percevoir cette diversité qui, à chaque parcelle, autorise des expressions singulières du vin.
Cette richesse naturelle, longtemps respectée par la polyculture traditionnelle, favorise la présence d’une flore sauvage qui, elle-même, attire une faune utile – guêpes, coccinelles, vers de terre, oiseaux nicheurs. Leur présence permet de maintenir un équilibre naturel, rendant superflu nombre de traitements chimiques qu’on croit indispensables ailleurs.
Les sols vivants de Correns, peu compactés, travaillent main dans la main avec la vigne : drainage efficace, stockage des oligo-éléments, meilleure résistance aux épisodes de sécheresse. Le bio ici n’est pas une contrainte, mais une évidence inscrite dans les veines de ce terroir.
Exemple : Au Domaine des Aspras, trois générations de Latz veillent à maintenir des couverts végétaux toute l’année : moutarde, vesce, féverole – autant de plantes compagnes, semées pour nourrir la terre et capturer les nitrates. Ce choix participe à la rétention d’eau naturelle des sols et limite fortement l’érosion pendant les orages méditerranéens.
Source : Interview de Michael Latz, Domaine des Aspras, Terra Eco, 2019.