Terroirs et savoir-faire retrouvés : la singularité provençale en bouteille
Ce virage qualitatif s’incarne dans un retour au sol, à une observation fine des microclimats. Ici, un plateau caillouteux donne naissance à des blancs cristallins ; là, une combe protégée par les forêts livre des rouges d’une étonnante fraîcheur.
De plus en plus de vignerons s’appuient sur :
- l’agriculture biologique (près de 42 % des surfaces en 2022, record régional – Agreste)
- l’expérimentation, avec l’élevage en amphore, la redécouverte de cépages autochtones, la culture sans désherbant chimique
Dans chaque chai, l’approche artisanale prime. Les gestes sont appris, transmis, adaptés – hérités, et renouvelés à la fois. Les vendanges manuelles reviennent en force chez certains, non pour la tradition, mais pour la justesse du tri, la maîtrise de la maturité.
Rencontres et anecdotes : des visages derrière la qualité
À la cave coopérative de Correns, premier village 100 % bio de France, le président soupire en évoquant les années “où l’on n’osait même pas goûter son rosé chez les cousins d’ailleurs”. Aujourd’hui, le rosé de Correns s’exporte jusqu’au Japon. À La Celle, un vigneron rappelle que son grand-père, dans les années 1970, “s’inventait des outils pour piocher moins, car la vigne n’avait presque aucune valeur marchande”. Aujourd’hui, il soigne sa Syrah et son Grenache comme on veille sur un jardin précieux.
Impossible de taire la pluralité des profils : anciens instituteurs reconvertis, enfants du pays revenus des villes, familles italiennes installées à l’aube du XXe siècle… Tous n’ont pas les mêmes mots, mais une conviction commune : la Provence Verte mérite qu’on l’écoute.