Portraits de domaines fraîchement créés
Domaine Clos de l’Ours, Cotignac (créé en 2012, nouvelle impulsion en 2020)
Au pied du massif, le Clos de l’Ours ressemble à une clairière protégée, où les cigales s’en donnent à cœur joie. Repris en 2012 par Fabienne et Michel Torquez, entrepreneurs venus de Lyon, le domaine de 13 hectares s’est offert une seconde jeunesse en 2020 avec l’arrivée de leur fille Camille, trentenaire formée à l’œnologie, qui redessine le style des vins en misant sur la fraîcheur et la précision. Le passage en bio, puis les essais de vinification sans soufre ou en amphores témoignent d’un esprit en veille permanente sur l’innovation, sans oublier la dimension humaine : ici, chaque vendangeur est reçu comme un ami, et les cuvées portent le nom de membres de la famille ou d’amis proches.
- Surface : 13 ha
- Mode de culture : agriculture biologique certifiée
- Particularités : micro-vinifications, goût des essais
Source : site officiel du Domaine Clos de l’Ours
Domaine de la Mongestine, Artigues (Relance en 2014, première cuvée en 2016)
Au sommet des collines d’Artigues, la Mongestine veille sur cent hectares de nature sauvage, dont 30 plantés de vignes. Racheté en 2014 à l’abandon par la famille Lefevre, ingénieurs et passionnés venus de Belgique, le domaine connaît rapidement une métamorphose écologique. L’équipe s’entoure de jeunes talents locaux, mise sur des cépages oubliés comme le chenin ou le sémillon, expérimente la vinification en cuves ovoïdes ou l’élevage en jarres de terre cuite. En peu d’années, la Mongestine est devenue un repaire d’amateurs de vins francs, élevés sans artifice, qui n’hésitent pas à ouvrir leur chai pour des ateliers ou des randonnées-dégustations.
- Surface : 30 ha (vignes)
- Mode de culture : agriculture biologique
- Points forts : diversité des cuvées (14 références en 2024), accueil oenotouristique innovant
Sources : site La Mongestine, Le Point Vins, juin 2023
Domaine Terra Noé, Bras (création en 2021)
C’est dans un vallon oublié, traversé par le ruisseau du Cauron, que trois frères trentenaires, Alexandre, Hugo et Bastien, ont créé le Domaine Terra Noé en 2021. Héritiers d’une parcelle familiale délaissée, ils choisissent la voie de la permaculture et de l’agroforesterie : entre les ceps de grenache et de rolle, on observe fruitiers, oliviers ou rangées de fèves. Adepte des micro-parcelles (moins de 3 ha), le trio mise sur l’ultra-local et la vente directe. Leurs premiers rosés, tirés à moins de 4000 bouteilles en 2023, rencontrent déjà la faveur de certains cavistes indépendants de la région.
- Surface : 2,8 ha (en 2024, extension en projet)
- Particularité : 100% vendanges manuelles, pas d’intrants chimiques
- Initiatives : verger expérimental, ruches sur place
Source : France Bleu Provence, reportage avril 2023
Domaine La Source des Anges, Tourves (créé en 2019)
Dans la plaine de Tourves, un couple tout droit venu du monde de la musique, Manon et Pierre, troque micros et partitions pour bottes et sécateurs en lançant La Source des Anges sur à peine 5 hectares. Leur credo : faire rimer respect du sol et étiquettes artistiques. Loin des codes, ils commercialisent leurs vins exclusivement en bio, en séries limitées, avec des étiquettes dessinées à partir d’enregistrements d’ondes sonores captées dans les vignes. Leur premier millésime, initié en 2020, surprend par sa vivacité et ses parfums d’herbes sauvages.
- Surface : 5 ha
- Mode de culture : 100% biologique, projet de conversion en biodynamie
- Distribution : uniquement circuits courts, restauration locale et épiceries bio
Source : Article La Provence, octobre 2022
Domaine Les Monts Eternels, Correns (créé en 2020)
Sur le plateau de Correns, premier « village bio de France », une poignée d’amis d’enfance se lance un pari en 2020 : cultiver 4 hectares sur des sols caillouteux, sans tracteur. Les Monts Eternels pratiquent un agriculture manuelle, accompagnés de deux ânes pour le travail du sol. Leurs cuvées, Brumes et Lumières, sont commercialisées en abonnement (type « panier ») et en quelques bars de Marseille. Les fondateurs rêvent aussi de réhabiliter d’anciens cépages, comme le Carignan blanc ou le Terret gris.
- Surface : 4 ha
- Particularité : chevaux et ânes pour le labour, démarche paysanne affirmée
- Initiative : replantation de cépages historiques en 2024
Source : Radio France, reportage « Nouvelle vague bio en Provence Verte », février 2024